Dans le cadre des conférences Think Transmédia, Cap Digital et EnfinBref Prod recevaient Simone Harari (Effervescence) et Nicolas Bry (Transmédia Lab d’Orange) pour parler de la télé de demain !
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Simone Harari, auteur de “La télé déchaînée” nous a parlé de son expérience de productrice face aux évolutions de la télé. L’arrivée du Numérique a profondément modifié le paysage télévisuel, ne serait-ce qu’en raison de l’extinction de la télé analogique et de la multiplication de nouveaux canaux de diffusion. Tous les français auront 28 chaînes gratuites à leur disposition alors qu’il y a 20 ans il y en avait 6 dont une payante. Mais le numérique, c’est aussi de nouveaux services telles que la catch up ou la vod qui ont fusillé la notion de programmateur : chacun devenant son propre programmateur. Cela entraîne la fin des chaînes généralistes et de leurs modèles économiques et laisse la porte ouvertes à des systèmes alternatifs notamment au financement des marques qui peuvent jouer un rôle d’agrégateur d’audience.
Cette fragmentation a des conséquences plus larges : il s’agit d’un changement social, politique, éducatif etc. La fragmentation des audiences sur la télé mais plus encore sur Internet habitue chacun à vivre avec sa communauté d’âge, de goût etc. C’est en outre la fin des programmes fédérateurs que chacun a vu au même moment.
Ce morcellement de l’audience rend possible un ciblage plus précis par les marques. Les 25 chaînes enfant par exemple sont des cibles de choix pour les annonceurs du jouet, des confiseries, des vêtements. Il n’en reste pas moins qu’il y a un morcellement en dessous duquel on ne peut pas descendre pour des raisons économiques. Un vrai travail de communication est nécessaire dans un contexte de saturation médiatique. Au lieu d’autoroutes, il faudra emprunter des chemins plus sinueux. Le téléspectateur devant chercher lui-même ses informations pour se repérer sur la toile cela peut être un éléments de fracture sociale pour ceux qui ne font pas la démarche ou n’ont pas les outils pour cela. C’est en effet la fin du téléspectateurs passif : ce dernier va chercher son contenu, réagit, commente, transmet l’information, co-crée le contenu.
Pour conclure, si la télé se « déchaîne » (exit les chaînes que nous avons connues depuis toujours), les images, elles, se « détéléisent » : la fusion et l’interopérabilité des écrans dans un futur proche fait que “l’objet” télé sera moins important : on pourra accéder aux même contenus tout le temps, partout avec n’importe quel device.
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Nicolas Bry de son côté, a tout d’abord insité sur la notion de transmédia. Le transmédia lab est une structure destinée à accompagner un même contenu à travers différents écrans – sur mobile, télé et web - et donne rend possible un univers narratif plus riche grâce une complémentarité des contenus ainsi qu’à l’interactivité. Mais pour qu’il y ait participation, encore faut-il que les contenus s’adressent à des communautés du web. Lorsqu’une fiction et qu’une de ces communauté se rencontrent et correspondent à l’univers d’une marque cette dernière peut la financer !
D’un point de vu des usages, tout « bouge et rien ne change ». Les chaînes continuent en effet d’afficher 23h en moyenne par semaine. En même temps tout change : les foyers ont environ 4,4 écrans en moyenne. Sur le mobile la consommation de contenu croit de 75% par an. D’autre part, la consommation est multitask : on cumules les tâches en même temps qu’on regarde la télévision . Pendant, le superbowl et les jeux olympiques, 15 % des gens ont surfé sur le net. Enfin, la consommation est délinéarisée : 10 millions de personnes ont recours à la télévision de rattrapage. Chez les jeunes ces usages sont exacerbés !
La technologie et les interfaces s’alignent sur ces évolutions. La stratégie d’Orange est celle de “l’engagement progressif” : garder les engagements de la télé d’aujourd’hui et emmener progressivement les gens vers celle du futur. A la place de Google Box qui fonctionnent avec des moteurs de recherche, Orange a préféré un système de mosaïques filtrés selon les catégories et les genres sélectionnés. Il en va de même pour les devices : la télécommande gestuelle est intéressante pour un certain nombre de services mais tout le monde ne contrôlera pas sa télé de sa main…
Les modèles économiques aussi s’adaptent. Et si chez Google le mariage d’internet et de la télévision n’est pas consommé (les usages étant juxtaposés et non articulés), pour Nicolas Bry la valeur créée viendra de l’éditorialisation des programmes et de leur fusion avec l’interface. De nombreux acteurs, notamment des acteurs mondiaux, proposeront leur savoir-faire dans cette perspective : moteurs de recherche et de recommandation sur l’ensemble des catalogues et des portails de chaînes.
Nicolas Bry a fini en évoquant les avantages du mariage télé / internet. Les avantages sont en effet multiples : plus de contenus ; un point d’accès complémentaire à internet au sein des ménages ; un meilleur retour sur les consommations des utilisateurs - ce qui pose des questions sur la protections des données personnelles.
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La fin de la conférence s’est achevée par un débat où les différentes problématiques évoquées pendant la séance ont été ré-examinées et ont donné lieu à des échanges et des interactions avec le public.